Projets de jetons : scruter les contrats de market‑making avant listing
Les experts juridiques avertissent que les émetteurs de jetons négligent souvent des clauses essentielles des accords de market‑making, risquant perte d’actifs et options d’achat défavorables.
Traduit de l'anglais. Lire l'original
À retenir
- Définir les termes du prêt de jeton et de l’option d’achat pour éviter des transferts d’actifs non souhaités
- Spécifier des métriques de liquidité mesurables et les places de négociation dans le contrat
- Inclure un reporting robuste, des garanties de conformité et des sauvegardes contre les conflits d’intérêts
Un nouveau briefing juridique de la série Law and Ledger de Kelman Law souligne que les projets de jetons signent fréquemment des accords de market‑making sans bien comprendre les obligations qu’ils créent. Publiée sur Bitcoin.com News le 8 novembre 2026, la note indique les clauses qui doivent être examinées avec la même rigueur que les frais de mise en avant, notamment lorsqu’un market‑maker reçoit un prêt de jeton et une option d’achat d’une partie de l’allocation en échange d’un soutien de liquidité.
Définir le prêt de jeton et les droits d’achat
Selon le briefing, les projets doivent d’abord identifier les entités juridiques qui fourniront les jetons, exécuteront les services de market‑making et devront rembourser. L’accord doit préciser si les jetons sont prêtés, vendus définitivement ou détenus pour être négociés au nom du projet. Il doit également détailler la quantité, le prix d’exercice, l’échéance, la procédure de notification et la devise de règlement de toute option d’achat. L’article cite un scénario hypothétique où un market‑maker reçoit un prêt d’un million de jetons avec une option d’achat à 0,50 $ chacun, pouvant ainsi acquérir des actifs d’une valeur de 2 millions $ pour 500 000 $ si le cours du jeton augmente. Les projets sont invités à modéliser de tels résultats avant de signer.
Transformer « maintenir la liquidité » en obligations de service mesurables
Le briefing avertit que des formulations vagues comme « maintenir la liquidité » laissent place à des désaccords. Kelman Law recommande de spécifier les plateformes d’échange autorisées, les paires de négociation, l’allocation d’inventaire et des indicateurs de performance concrets : spreads cotés maximum, profondeur de carnet minimum dans des bandes de prix définies, et pourcentage de temps pendant lequel les cotations admissibles doivent être disponibles. Le contrat doit définir le prix de référence, les intervalles de mesure, les sources de données et les exceptions en cas de panne d’échange, transformant ainsi une promesse générale en obligations de service exécutoires.
Exiger un reporting détaillé, des garanties de conformité et une gestion des conflits
Un tableau de bord ne montrant que le volume agrégé est insuffisant, indique le rapport. Les projets doivent exiger un reporting qui rapproche les soldes d’ouverture et de clôture des jetons et des liquidités, les transactions, les transferts, les frais, les remises, l’inventaire sur chaque plateforme, les prêts en cours et les couvertures autorisées. La fréquence, le format et l’accès post‑résiliation doivent être précisés. Le briefing insiste également sur la nécessité de garanties de conformité interdisant les manipulations de marché, les wash‑trades ou les ordres trompeurs — en citant la récente condamnation du fondateur de MyTrade par le DOJ pour manipulation de marché. Enfin, les contrats doivent divulguer tout conflit matériel, limiter les clauses d’exclusivité et protéger les informations confidentielles relatives aux listings, aux déblocages de jetons et aux mouvements de trésorerie.

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