Ancien employé de Holograph condamné à cinq ans pour un vol de jetons de 14 millions de dollars
Un tribunal parisien a condamné un ancien membre du personnel de la Holograph Foundation à cinq ans de prison et à une amende de 600 000 € pour avoir créé illégalement et volé 1 milliard de jetons HLG, d’une valeur d’environ 14 millions de dollars.
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À retenir
- L’ancien employé a reçu une peine de cinq ans, dont deux ans d’emprisonnement ferme et trois ans avec sursis, ainsi qu’une amende de 600 000 €.
- Il a créé illégalement 1 milliard de jetons HLG, évalués à environ 14 millions de dollars, et les a transférés via des comptes d’échange avec deux complices.
- Le tribunal a accordé à la Holograph Foundation 1,15 million d’euros de dommages directs, mais a rejeté sa demande d’indemnisation liée à la chute du cours du jeton.
Un tribunal correctionnel de Paris, le 6 novembre, a condamné un ancien employé de la Holograph Foundation à cinq ans de prison pour avoir orchestré la création illégale et le vol de 1 milliard de jetons HLG, acte que le parquet estime à environ 14 millions de dollars. Le jugement prévoit deux ans d’incarcération effective, une peine de trois ans avec sursis et une amende de 600 000 €, tandis que deux complices ont reçu des peines plus courtes et des amendes pour avoir facilité le transfert des actifs volés.
Comment la fraude de minting a été réalisée
Selon le dossier judiciaire, le prévenu – identifié dans les dossiers français sous le nom de Vitaly K. – a exploité son ancien poste chez Holograph pour modifier les autorisations de minting du protocole entre mai et août 2024. En changeant ces paramètres, il a généré un milliard de jetons HLG non autorisés et les a transférés vers un portefeuille sous son contrôle. Les jetons ont ensuite été distribués sur plusieurs comptes d’échanges de cryptomonnaies avec l’aide de deux co‑défendeurs, qui ont ensuite écopé de peines de prison séparées et d’amendes.
Enquête et arrestations
Le minting illégal fait suite à une faille de sécurité du 13 juin 2024 sur le contrat opérateur de Holograph, que la fondation a ensuite attribuée à un accès administratif d’un ancien sous‑traitant. Holograph a collaboré avec la société de sécurité blockchain Halborn ainsi qu’avec les enquêteurs français de la cybercriminalité (BRB), Europol, les autorités italiennes et la police des îles Caïmans pour tracer les auteurs. Le principal suspect a été transféré d’Italie vers la France en septembre 2024 et est resté en garde à vue jusqu’au procès, tandis que les complices se sont présentés à Paris sans détention.
Indemnisation et position du tribunal sur la perte de cours
La Holograph Foundation a réclamé une indemnisation tant pour la perte directe des jetons volés que pour la chute subséquente du cours du HLG, arguant que la fraude avait fait passer le prix du jeton d’environ 0,03 $ en mai 2024 à 0,001 $ en décembre. Les juges ont rejeté la demande de dommages liés au cours, invoquant un manque de preuve d’un lien de causalité, mais ont ordonné aux trois prévenus de payer conjointement 1,15 million d’euros de dommages directs et 106 800 € pour d’autres pertes. L’avocat de la fondation a averti que les opérations étaient à l’arrêt et qu’une liquidation était possible.
À surveiller
Cette condamnation souligne le renforcement de la surveillance réglementaire des contrôles de minting de jetons et pourrait inciter d’autres projets à auditer plus rigoureusement les autorisations de leurs contrats intelligents. Les observateurs suivront si Holograph parvient à récupérer suffisamment de capitaux pour éviter la liquidation et comment les plateformes d’échange géreront les comptes liés aux HLG volés. De plus, l’affaire pourrait influencer les futures décisions des tribunaux français et européens concernant l’attribution de pertes de cours aux fraudes crypto.

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