La représentante américaine Yassamin Ansari (D‑AZ) a appelé son parti à imposer un gel immédiat de la recherche avancée en intelligence artificielle et à promulguer une interdiction totale de la superintelligence artificielle. Dans une série de publications sur X, la députée a présenté cette mesure comme une priorité absolue pour le caucus démocrate, arguant que le développement incontrôlé de l’IA représente des risques existentiels et nécessite le même niveau de surveillance que l’aviation ou l’énergie nucléaire.

Proposition législative et dispositions clés

Cette initiative s’aligne sur un projet de loi bipartisan présenté en septembre par le sénateur Bernie Sanders et le représentant Greg Casar. Selon le texte, un système à deux niveaux suspendrait d’abord l’entraînement des modèles d’IA avancés jusqu’à ce qu’un département fédéral de l’Intelligence Artificielle établisse des critères de sécurité. Un second niveau, à plus long terme, prohiberait définitivement la création de superintelligences artificielles – des systèmes qui surpassent la cognition humaine dans toutes les tâches. Le non‑respect pourrait entraîner la dissolution de l’entreprise et des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 20 ans.

Réaction de l’industrie

Certains acteurs du secteur de l’IA ont exprimé leur soutien à la législation. Juan Felipe Cerón Uribe, chercheur en sécurité chez OpenAI, a averti que les enjeux du développement de la superintelligence pourraient être « incroyablement bénéfiques ou terriblement néfastes », et donc « pas quelque chose avec lequel on doit jouer ». De même, Swante Scholz, ingénieur logiciel chez Google DeepMind, a souligné que le scénario le plus probable d’un progrès incontrôlé est une « catastrophe existentielle pour l’humanité ».

Contexte politique et opposition

La proposition d’Ansari arrive alors que les démocrates remportent d’importantes victoires aux élections législatives de 2026, tandis que l’administration Trump continue de promouvoir une avancée rapide de l’IA. En juin, le président Trump a signé un décret exécutif encourageant une innovation accélérée en IA et rejetant l’obligation d’une licence, privilégiant un cadre volontaire. Les détracteurs de la pause soutiennent que l’IA stimule les percées médicales, la croissance économique et la sécurité nationale, et qu’un ralentissement pourrait laisser le leadership aux nations concurrentes.

À surveiller

Le projet de loi est actuellement en examen en commission, et son sort dépendra de la capacité des dirigeants démocrates à rassembler suffisamment de soutien dans un Congrès divisé. Les indicateurs clés à suivre incluent les auditions du nouveau Département de l’Intelligence Artificielle, les déclarations des grandes entreprises d’IA sur la conformité, et toute action exécutive qui pourrait renforcer ou contrer l’impulsion législative.